Paris-Belgrade -

De Paris aux rives du lac de Constance

Comme vous le savez, le départ a eu lieu dans l´après-midi du dimanche 15 juillet en présence d´une cinquantaine de personnes. C´est donc en petit comité que nous avons pu partager un dernier moment avec nos proches, amis, famille et soutiens, avant de nous élancer pour cette année d´aventure et de rencontres si longuement préparée.

Ces premiers kilomètres vers l´Allemagne ont pour nous été l´occasion de nous adapter à notre nouveau rythme. La première adaptation fut musculaire, nous avons du mesurer nos efforts avant d´atteindre notre rythme de croisière: 100 km par jour. Mais cette préparation n´aurait été complète sans l´aimable concours du dérèglement climatique. Ainsi, en plein mois de juillet nous avons eu droit à des conditions de premier choix! Pluie et grêle se sont invitées à la partie, tandis que le vent nous a rappelé que face à lui nos efforts pouvaient être vains. Mais même le plus noir nuage a toujours sa frange d´or, et nous parcourons désormais les chemins sous un soleil éclatant.

Les étapes françaises resteront un agréable souvenir. L´accueil des alsaciens et franc-comtois fut particulièrement chaleureux. Ainsi, jeudi, en fin de journée, la pluie commence à tomber. Nous nous arrêtons pour demander la direction d´un lieu abrité pour la nuit. Une bière? Bon allez, pourquoi pas! Au fil des discussions, ce couple de retraités, non content de nous offrir un succulent repas, nous propose une douche chaude et un lit, choses que nous acceptons, comme vous pouvez l´imaginer, de bon coeur! Sans parler de certains jours où, demandant simplement une direction ou un peu d´eau, nous repartions avec quelques fruits ou légumes!

Et c´est maintenant devant le magnifique lac de Constance que nous vous écrivons. Après avoir quitté, non sans émotion, la France, voilà deux jours que nous longeons le Rhin, alternant très fréquemment entre rives françaises, suisses et allemandes, croisant au détour d´un pont ou d´un chemin un poste frontière. Ces passages si aisés ne manquent pas de nous rappeler l´ampleur du chemin parcouru depuis les douloureuses guerres du siècle dernier. Le contraste entre les nombreux mémoriaux aperçus dans l´Est de la France et cette fraternité quotidienne entre les peuples est frappante. Loin de toute naïveté, elle nous rassure sur la capacité de l´homme à apprendre de ses erreurs et à se reconstruire sur de nouveaux fondamentaux.

Point Développement Durable

Les français que nous avons rencontrés sont conscients, à différents niveaux, des problématiques environnementales actuelles. De la prise de conscience globale du dérèglement climatique au recyclage, en passant par la protection de la nature, a constamment émergé l´idée qu´un développement durable passera par un retour à un certain bon sens que la profusion de ressources nous a fait oublier.
Coté allemand, c´est la forte utilisation de la ressource solaire qui nous a marqué. De nombreuses maisons et corps de ferme sont effectivement équipés d´installations photovoltaïques (production d´électicité) et de panneaux solaires thermiques (chauffe-eau solaires). D´autres, en construction bois, visent la passivité énergétique. Les mobilités sont aussi très bien pensées, avec une cohabitation remarquable entre infrastructures automobiles, piétones et cyclables, rendant ce mode de transport très attractif. Le nombre de cyclistes en atteste, et l´on vous assure que c´est un vrai bonheur de rouler dessus!

Après avoir quitté les rives du lac de Constance, ce seront désormais les cours d’eau qui guideront la partie européenne de notre périple. Ainsi, évitant les dénivelés les plus importants, nous pourrons suivre un des fleuves ayant vu émerger grand nombre de civilisations européennes: le Danube. De Munich à Belgrade, en passant par Vienne et Budapest, voici un aperçu des petites expériences possibles lorsqu’à bicyclette l’on voyage au hasard des chemins.

Le premier défi fut de rejoindre ce fleuve mythique. Traversant la Bavière pour rejoindre l’Inn, à la frontière autrichienne, nous avons fait halte dans quelques charmants villages se remettant tout juste de leurs fêtes estivales. Nous avons reçu dans cette région un excellent accueil. C’est ainsi qu’un soir, à la tombée de la nuit, nous toquons à la porte d’une ferme en quête d’eau pour le dîner. Le couple d’agriculteurs nous propose en plus un coin d’herbe grasse pour planter la tente, deux bonnes bières locales et une douche chaude, que nous acceptons de bon coeur. A notre réveil, ils nous offrent de partager avec eux un consistant petit-déjeuner bavarois: excellent pour démarrer une bonne journée de vélo! Nous longeons ensuite la frontière pour rejoindre Passau ou les eaux troubles de l’Inn se mêlent magnifiquement à celles plus claires du Danube. C’est aussi à cette confluence que nous passons la frontière autrichienne.

De Constance à Belgrade

Après avoir quitté les rives du lac de Constance, ce seront désormais les cours d’eau qui guideront la partie européenne de notre périple. Ainsi, évitant les dénivelés les plus importants, nous pourrons suivre un des fleuves ayant vu émerger grand nombre de civilisations européennes: le Danube. De Munich à Belgrade, en passant par Vienne et Budapest, voici un aperçu des petites expériences possibles lorsqu’à bicyclette l’on voyage au hasard des chemins.

Le premier défi fut de rejoindre ce fleuve mythique. Traversant la Bavière pour rejoindre l’Inn, à la frontière autrichienne, nous avons fait halte dans quelques charmants villages se remettant tout juste de leurs fêtes estivales. Nous avons reçu dans cette région un excellent accueil. C’est ainsi qu’un soir, à la tombée de la nuit, nous toquons à la porte d’une ferme en quête d’eau pour le dîner. Le couple d’agriculteurs nous propose en plus un coin d’herbe grasse pour planter la tente, deux bonnes bières locales et une douche chaude, que nous acceptons de bon coeur. A notre réveil, ils nous offrent de partager avec eux un consistant petit-déjeuner bavarois: excellent pour démarrer une bonne journée de vélo! Nous longeons ensuite la frontière pour rejoindre Passau ou les eaux troubles de l’Inn se mêlent magnifiquement à celles plus claires du Danube. C’est aussi à cette confluence que nous passons la frontière autrichienne.

Nous nous fixons dans cette même ville un objectif ambitieux: parcourir les 280 kilomètres qui nous séparent de Vienne en deux jours! Malgré une route plus vallonnée que prévue, nous arrivons de nuit a Vienne, bivouaquant en guise de récompense en face du palais de Schönbrunn, autrefois demeure de l’impératrice Sissi. Après avoir succinctement découvert les splendeurs de l’ancien empire austro-hongrois, et n’avoir, à notre grand regret trouve aucune viennoiserie digne de ce nom, nous repartons dans l’après-midi pour la si proche capitale slovaque. Nous découvrons un autre visage de Bratislava, moins touristique mais plus authentique, avec un ami slovaque et partons le lendemain vers la Hongrie.

Après deux jours de route sous une chaleur continentale, nous arrivons à Budapest, qui restera pour nous une ville pleine de souvenirs et de rencontres. Ce qui devait être une étape d’une journée aura finalement dure quatre jours. Approchant de la ville à la nuit tombée, nous nous mettons en tête de camper au sommet d’une des collines de l’ancienne ville de Buda . Dans l’obscurité et sur des chemins qui deviennent bientôt des sentiers de fortune, nous tentons tant bien que mal d’atteindre les hauteurs de la ville. Après trois heures d’efforts, et au détour d’un énième chemin, nous découvrons un magnifique panorama que nous admirons jusqu’à l’aube.

Au matin, nous franchissons le Danube pour découvrir la plus plane cité de Pest. Ces deux villes aux reliefs si différents n’ont effet fusionné que tardivement pour former la ville de Budapest. Dans l’après-midi, alors que nous nous baladons à bicyclette dans les vieilles rues de la ville, un cycliste nous aborde. Il s’agit de Cornelius qui, après quelques mots échanges, nous propose de nous héberger pour la nuit. A notre plus grand étonnement, et alors que nous quittions la ville, pareille histoire se reproduit le lendemain. C’est cette fois-ci Alen qui nous propose de partager une bière dans un des bars typiques de Pest. Au fil de la discussion , il nous parle de son beau-père qui développe un éco-village au Nord-Est de la Hongrie. Son projet entrant parfaitement dans le cadre de notre documentaire, nous prenons la décision de laisser nos montures à Budapest pour aller le rejoindre en auto-stop. Et c’est jovialement qu’Alen nous propose un toit pour le temps qu’il nous faudra. Les hasards du voyage nous ont donc permis de faire deux très belles rencontres et de nous attarder, pour notre plus grand plaisir, dans la capitale hongroise.

Mais il fallait bien repartir et c’est toujours en longeant le majestueux Danube que nous avons quitte la Hongrie, dont nous avons pu apprécié tant l’hospitalité que les délicieuses traditions culinaires. Ce sont désormais les chemins serbes que nous arpentons, découvrant un pays pour nous aussi mystérieux qu’inconnu. C’est finalement un très bon acceuil que nous recevons. Jamais notre équipée n’aura suscite autant de coups de klaxons, de saluts et d’interrogations! Et c’est désormais d’un café de Belgrade que nous vous écrivons paisiblement ces quelques lignes qui, nous l’espérons, vous auront fait voyager.

Point Développement Durable

Nous avons rencontre à Passau Denis, un étudiant brésilien travaillant sur le concept de consommation collaborative. L’idée part d’un constat simple : pourquoi posséder un bien lorsque l’on ne s’en sert que rarement? Et pourquoi ne pas faire peser son coût sur un nombre plus grand d’utilisateurs? C’est là tout l’intérêt de la consommation collaborative. Elle permet à chaque utilisateur de faire des économies, tout en limitant son impact écologique. De plus, ce partage d’un même bien a pour vertu de créer du lien social. Le Velib’ et le covoiturage en sont les exemples français les plus connus mais le concept a vocation a s’étendre dans les années futures a beaucoup d’autres domaines.

C’est sûrement la rencontre avec Ivàn Gyulai, fondateur d’un projet d’éco-village au nord-est de la Hongrie, qui fut la plus marquante. Après avoir vu la biodiversité de sa région s’éroder durant l’ère communiste, Ivàn a souhaite dans les années 90 engager son pays dans une troisième voie, plus en phase avec la Nature. Ses idées n’ayant pas trouver écho dans l’opinion, il a décidé de les appliquer a une échelle: celle d’un village. Il a voulu y instaurer un mode de vie plus en phase avec la Nature afin que les habitants retrouvent le bonheur simple d’y vivre avec leur environnement. Ainsi un marché valorisant les produits locaux a été mis en place, une agriculture avec des variétés régionales y a été prônée, et l’artisanat traditionnel valorise. De plus, des solutions techniques d’habitat durable y ont été mises en place telles qu’un système de récupération des eaux de pluie, un processus de traitement naturel des eaux grises, des toilettes sèches (qui, lorsqu’elles sont bien conçues, ne sentent absolument pas!), des panneaux solaires thermiques et photovoltaiques… et un système de séchage thermique pour les fruits et les champignons du village!

Mais la réalisation qui a particulièrement retenu notre attention restera une maison passive. Équipée de larges baies vitrées au sud, ses parois sont faites d’épaisses briques remplies de granulés de plastique recyclé. Le tout est ventilé naturellement et équipé d’une chaudière bois particulièrement efficace, articulée autour de trois chambres. La première sert à la combustion classique du bois. La deuxième brûle les gaz dégagés (l’habituelle fumée) à haute température. Enfin, la troisième chambre emmagasine la chaleur issue de ces deux combustions et l’évacue vers la cheminée en cas de surpression. L’enveloppe céramique de l’ensemble permet une diffusion douce et lente de la chaleur dans la bâtisse. Ainsi, dans cette région pourtant réputée la plus froide du pays, seulement 11 kilos de bois permettent de chauffer l’édifice pendant trois jours.

Mais au-delà de ces solutions techniques, c’est une réflexion beaucoup plus globale qu’Ivàn a partagé avec nous. Il pense que l’Homme se déconnecte peu à peu de la Nature, oubliant qu’elle est la source de son bien-être. Ainsi, croyant trouver son bonheur dans la consommation et la possession, l’Homme épuise les ressources pourtant limitées que lui offre la Terre. Selon lui, il faudrait que l’Homme change de paradigme: passer du « avoir plus » au « mieux être ».