Iran -

Les multiples visages de l’Iran

Voici déjà près de 6000 km que nous chevauchons nos montures lorsque, dans une étendue dorée par le soleil, figée par le froid, cernée par les montagnes, nous en apercevons les premiers signes. Dans quelques kilomètres, l’Iran. Certes, ce pays nous fait rêver. N’est-ce pas là l’ancienne Perse, berceau de nombreux poètes? Contrée méconnue, dont l’hospitalité légendaire perdure encore aujourd’hui? Pourtant, les mises en garde ont été nombreuses. Le régime actuel, mené d’une main de fer par des ayatollahs, a mauvaise presse. Le tableau noir qu’en font nos médias n’incite guère à la découverte: président Ahmadinejad aux discours enflammés, répression sanglante de la Revolution Verte, programme nucléaire menaçant la paix mondiale… Mais n’est-ce pas là l’intérêt même de notre voyage? Nous ouvrir à d’autres cultures, souvent occultées ou caricaturées, les découvrir de l’intérieur, au contact de la population? Dans ce pays qutre fois grand comme la France, nous sillonerons pendant un mois et demi routes et chemins. Apres avoir traversé la region azerie, nous ferons une longue halte à Teheran, avant de longer, par le Nord, le grand desert du Dasht-E-Kevir.

Vitalité d’une tradition de l’accueil séculaire

Étonnamment, notre entrée dans le pays se fait sans encombre.Pas de fouille, pas de tracasseries, et même quelques indications touristiques. Bienvenue en territoire iranien! Ou plutôt azeri. Car cette région, couvrant tout le Nord-Ouest de l’Iran, possède sa propre culture, ses propres coutumes, son propre dialecte, assez proche du turc. Par de longues vallées, dans un climat semi-désertique, nous atteignons la capitale azerie, Tabriz, siégeant fièrement parmi les montagnes. La ville est à l’image de son bazar couvert, le plus grand du Monde. A l’intérieur, une profusion d’échoppes, une atmosphère épicée, une activité débordante. On s’y perd avec délice. Avec Ali et Saeed, nos hôtes, eux aussi cyclistes, les virées sont nombreuses, zig-zaguant dans les petites rues, entre les maisons en brique à toute allure. Ils nous introduisent aussi à une jeunesse iranienne très éduquée, mais sans débouchés, rêvant d’ailleurs, de liberté.

Sur la route de Téhéran, nous découvrons toute l’étendue de l’hospitalité iranienne. Les exemples en sont si nombreux qu’il serait difficile de tous les conter. Certains nous ont pourtant marqué. Ainsi, arrivant à Zanjan, nous ne savons absolument pas où nous allons dormir. Mais à peine descendus de selle, des jeunes nous abordent et, curieux, nous questionnent. Puis Reza, un ingénieur trentenaire, nous aborde. Après quelques minutes de discussion, apprenant que nous ne savons pas où nous passerons la nuit, il prend les choses en main. Il passe deux ou trois coups de fil, part chercher son vélo, abandonnant en un instant tous ses plans pour accueillir les voyageurs que nous sommes. Sur plusieurs kilomètres, nous le suivons dans la nuit vers un lieu inconnu. A la sortie de la ville, après quelques chemins obscurs, une ferme. Un ami de Reza nous ouvre ses portes. Autour d’un narguilé et d’un bon poêle, il nous invite à goûter les produits de son verger. L’ambiance est conviviale, chaleureuse, les dattes fourrées aux noix succulentes. Ce fut une belle, improbable soirée d’anniversaire pour Alexandre. Le lendemain matin, nous les accompagnerons faire paître les brebis avant de reprendre la route. Un autre soir, alors que le soleil va se coucher, c’est à notre grand étonnement que nous voyons des hommes vêtus de rouge et de blanc nous héler en bord de route. Ils nous invitent à passer la nuit dans l’antenne locale du Croissant Rouge, dont ils ont la charge. Cela semble d’ailleurs naturel pour cette équipe d’ambulanciers, coutumière du fait, comme en témoigne leur très international livre d’or. Dans la pièce commune, sur une nappe étendue à même le sol, nous dînons tous ensemble. Ici toute discussion à propos du régime retombe vite. Le lieu est public, les hommes ne se connaissent peut-être pas assez, personne ne livre son opinion. Autour d’un jeu de cartes, nous passons donc le temps. Nous rejoindrons bientôt les bras de Morphée sous les regards protecteurs et propagandistes des deux Guides Suprêmes, dont la photo est partout présente.

Une soif grandissante de liberté

Arriver à bicyclette dans une mégalopole est toujours une expérience particulière. Concentrés, relégués aux bords de voies rapides, nous voyons à chaque embranchement un flux croissant de véhicules s’entremêler. Les bâtiments, omniprésents, couvrent bientôt l’horizon. Nous entrons dans Téhéran. La capitale iranienne est pour nous un passage obligé: la liste des ambassades à visiter est longue. Les démarches consulaires nous y retiendrons deux semaines. Rapidement, un faisceau d’informations nous oblige à reconsidérer notre itinéraire en Asie Centrale. Car après des indices de plus en plus nombreux donnant la Karakorum Highway (unique route reliant la Chine au Pakistan) fermée car enneigée, c’est l’ambassade pakistanaise qui nous oppose un refus catégorique à l’obtention d’un visa. Notre ultime porte terrestre vient de se fermer: nous devons envisager un plan B. Les obstacles naturels et géopolitiques que sont l’Himalaya, le Pakistan et l’Afghanistan rendent en cette saison tout franchissement inenvisageable, que ce soit à vélo ou en camion-stop. Souhaitant malgré tout traverser l’Asie centrale en plein hiver (un de nos plus gros défis), nous tenterons d’aller le plus loin possible sur nos montures. Mais pour les derniers kilomètres avant l’Inde, nous devons nous résoudre, à contrecoeur, à prendre un avion depuis Bishkek, au Kirghizstan. Durant le temps nécessaire à ces démarches, nous nous préparons à affronter le froid d’Asie Centrale: achat de vêtements chauds dans des friperies, réparation des vélos, réception de cartes précises… Nous parcourons donc la ville en tous sens, montant, descendant, oscillant entre la montagne et la basse ville. Dans une circulation désordonnée, où aucune règle ne semble exister, il nous faut à chaque instant louvoyer, esquiver un écart, griller collectivement un feu devant le regard désabusé d’un policier… Dans ce chaos d’abord imprévisible nous nous adaptons, avec une conduite sportivement imaginative.

Ces deux semaines nous permettent aussi de partager la vie des jeunes teheranais. Les rencontres sont nombreuses. Nous nous retrouvons de l’autre côté, à l’intérieur de cette société, là où le voile tombe et l’alcool fait maison apparaît discrètement. Les langues se délient, parlent librement. Nous prenons la mesure du contraste entre ce qui affiché dans la rue et se passe dans les maisons. Ainsi, les ayatollahs Khomeini et Khameini, dont les portraits trônent dans chaque boutique, sur chaque avenue, sont allégrement critiqués dans des sphères plus privées. Et cette jeunesse a une soif grandissante de liberté. Même dans les rues, les règles se relâchent. Le voile devient parfois simple foulard, qui découvre subtilement plus qu’il ne couvre. Il est d’ailleurs étonnant de voir la place que prennent les femmes dans la société. Bien sur, elles peuvent conduire et travailler, contrairement à dans certains états voisins, (notamment l’Arabie Saoudite). Malgré les règles strictes du régime concernant leur tenue vestimentaire, elles exercent un pouvoir certain, peut-être moins visible mais plus fin, plus discret. Une autre caractéristique intéressante de l’Iran est son niveau d’éducation – un des plus élevés du Moyen Orient. Nombre de jeunes, femmes et hommes, poursuivent leurs études à un haut niveau. Pourtant, les débouchés sont faibles dans ce pays asphyxié par l’embargo. Le manque de liberté d’expression n’invite guère ces jeunes à rester. Entre nos hôtes apprenant le français pour émigrer au Québec et ce docteur en physique, rencontré dans une ambassade, prêt à partir aux États-Unis avec femme et enfants, les candidats au départ sont pléthore. Le régime lui-même ne voit pas d’un mauvais oeil le départ de ces libres penseurs. Pourtant, cette fuite des cerveaux hypothèque l’avenir du pays. Et, comme ces diplômés sur le départ, de nombreux jeunes ont perdu espoir d’un changement rapide de régime. La violente et implacable répression de la Révolution Verte en 2009 est encore dans les mémoires. Un vaste mouvement de protestation avait alors suivi l’élection contestée du conservateur Ahmadinejad. L’opposition a alors été muselée, et les manifestations étouffées dans le sang. Chez ces jeunes contestataires que nous avons rencontré, le vent d’espoir que ce mouvement avait soulevé a laissé place à un pessimisme résigné.

Le rapide séjour que nous faisons à Ispahan, ancienne capitale de l’empire Perse, aux joyaux architecturaux stupéfiants, magnifiques, nous permettra d’assister à un événement très intéressant. A la sortie de la prière du vendredi, une manifestation s’organise en réaction à l’opération d’Israël à Gaza. Les manifestants crient avec conviction, brandissent des pancartes « Down with USA, Down with Israël ». Les caméras sont là pour filmer, peut-être même avez-vous retrouvé ces images dans votre journal télévisé. Le hic? D’abord impressionnés par le cortège, nous nous rendons rapidement compte que les participants ne sont qu’une centaine, excités par un mégaphone. Malheureusement, cette infime minorité prend bien souvent la place de l’immense majorité d’iraniens pacifiques dans les médias occidentaux.

Etonnante Ashura

Quittant Téhéran, nous nous apprêtons à longer le désert salé de Dasht-E-Kevir, laissant sur près de 1000 kilomètres d’imposantes montagnes à notre gauche, tandis que s’étale une étendue désolée, immense, presque sans fin à notre droite. Or, de manière tout à fait inattendue, cette traversée correspond avec les cérémonies de l’Ashura, une des principales fêtes religieuses en Iran. De confession chiite, le pays commémore le marthyr de l’Imam Hossein, un des plus importants guides ayant suivi la mort de Mahomet. Sur la route, les villages se font rares. Ainsi, des le premier soir, nous allons frapper à la porte d’une mosquée pour demander l’hospitalité. On nous invite alors à assister à la prière, avant de partager le grand repas de l’Ashura, pris en commun sur le sol de la mosquée. Puis sous nos yeux étonnés se déroule une cérémonie intense de près d’une heure, durant laquelle les hommes se rappellent les souffrances endurées par l’Imam Hossein, au rythme des tambours, par des flagellations ou des tapes sur le coeur. Bien qu’il ait eu lieu il y a 1200 ans, des hommes, en pleurs, semblent ressentir aujourd’hui encore la douleur du marthyr. Notre présence ne semble déranger personne, à tel point que l’on nous invite à dormir dans la mosquée. Le lendemain, à 5h, c’est donc de nos sacs de couchage que nous assistons à la prière du matin. Un schéma similaire se reproduit les soirs suivants quand, après le partage du traditionnel repas dans la mosquée, une famille nous invite à venir passer la nuit sous son toit. Tout au long de la semaine, les commémorations s’intensifient, se font plus nombreuses, plus théâtrales. Dans les rues, sur les places, des cortèges s’organisent, avec parfois même danses viriles et chevaux.

Ces cérémonies nous permettent de découvrir une population plus traditionnelle, plus religieuse. Car dans les campagnes que nous traversons, le chiisme est fortement implanté à travers toutes les couches de la société. Si nous avions pu nous étonner dans les grandes villes de la survie d’un régime si contesté, nous en découvrons ici une des raisons. Les gens sont ici attachés aux traditions, à ce modèle ancien, qu’ils veulent voir perdurer. Nous nous rappelons alors les mots d’un de nos hôtes de Téhéran, à propos de la réélection d’Ahmadinejad: « Ne croyez pas que les gens que vous rencontrez ici représentent l’ensemble de la société iranienne. Le régime dispose encore de nombreux soutiens dans les campagnes. » Les nuits passées chez l’habitant nous permettent de nous rendre compte que la séparation homme/femme est ici plus profondément ancrée. Même dans les familles, le hijab* est pratiqué à la lettre. La jeune génération se démarque pourtant. Comment oublier par exemple le contraste frappant, un soir, dans une famille, entre la mère portant le tchador et la fille, dont les cheveux décolorés émergent sous un foulard négligemment porté? Ou encore ces jeunes hommes qui, à la première occasion, nous parlent de leur petite amie… Par ailleurs, l’hospitalité dans cette région est sans faille. Profondément désolés de la réputation de leur pays à l’international, certains habitants veulent nous montrer que, bien loin des déclarations belliqueuses de leur président, l’ensemble du peuple iranien aspire à la paix. De nombreuses personnes nous répètent à dessein: « S’il vous plaît, quand vous rentrerez dans votre pays, dites aux gens que nous ne sommes pas des terroristes! »

A l’approche de l’Afghanistan, le climat se fait plus sec, la rare végétation s’appauvrit, les villages se font plus éparses. Entre les caravansérails abandonnes et les troupeaux de dromadaires, nous avons vraiment la sensation de parcourir l’antique route de la soie. Mais, avec un si vaste désert et son lot de trafics, cette région frontalière est réputée moins sure. Ainsi, un soir, alors que nous arrivons dans un village, la police nous interdit formellement d’y passer la nuit.

Après toutes ces expériences vécues pendant l’Ashura, c’est sans hésitation qu’un soir, voyant une mosquée à la tombée de la nuit, nous nous dirigeons vers elle. Un mollah, hilare, nous propose rapidement de venir dormir chez lui, à quelques kilomètres. Nos vélos sont embarqués dans un vieux bus scolaire. Nous sommes bringueballés sur des petites routes vers une destination inconnue. A notre arrivée, une nuée de gamins nous entoure, nous aide. Nous réalisons avec étonnement que la maison du mollah n’est autre qu’une école coranique! Partageant le thé sous les yeux d’élèves curieux, nous découvrons cet univers particulier. Notre hôte, sourire constamment aux lèvres, l’humour fin, rayonne, orchestre la vie de l’école. Avec son collègue, mollah naturaliste, nous avons une très intéressante discussion sur le rapport qu’entretient l’homme moderne avec la nature. Passant la nuit dans le dortoir commun, nous sommes assaillis de questions, chacun voulant échanger quelques mots avec nous (en farsi, bien sur!). Réveillés pour la prière du matin, nous participons dans la bonne humeur générale aux exercices physiques quotidiens, sous le grand dôme de l’école. A l’aube, nous reprenons la route. Parcourant 160 kilomètres dans une multitude de paysages grandioses, nous arriverons le soir même à la frontière turkmène.

* Hijab: Le hijab désigne le voile que des femmes musulmanes se placent sur la tête en laissant le visage apparent. Selon les pays et les courants religieux, sa forme diffère. En Iran, il ne cache pas le visage ni les vêtements de la femme.

Point développement durable

Un des indicateurs environnementaux les plus visibles en Iran est la pollution des villes. Téhéran et Tabriz baignent ainsi dans un nuage de particules. L’air est vicié. La circulation automobile, la congestion du trafic sont en grande partie responsables du problème. Les habitants ont tout à fait conscience de cette pollution. Ils la vivent pourtant avec fatalisme, ne sachant comment agir, dans ce pays où toute initiative associative est vue avec suspicion. A Téhéran, les autorités se réveillent doucement avec la construction d’une quatrième ligne de métro et de voies spécifiques pour les bus. Quelques panneaux encouragent les transports en commun ont aussi fleuri. En attendant, les plus aisés peuvent y échapper en habitant sur les hauteurs de la ville, près des montagnes, tandis que les plus pauvres restent englués dans le smog.

Dans les villes iraniennes, une attitude répandue nous a fortement étonné. L’eau, qui s’écoule dans des caniveaux, sert ostensiblement de poubelle. Il est habituel d’y jeter ses ordures, qui s’agglutinent, une fois encore, dans les parties basses de la ville.

Face à ces problèmes, quelques jeunes organisations tentent de se mobiliser. C’est le cas de l’association « Land Of Volunteers » à Tabriz. Son objectif est de créer un réseau citoyen, à Tabriz puis dans d’autres villes, oeuvrant pour améliorer l’environnement urbain. Nous assistons ainsi à une plantation d’arbres sur un espace laissé vierge par le développement de la ville. Ce groupe de jeunes, qui organise l’événement sur fonds propres, met en terres les végétaux dans la convivialité, répondant aux questions des passants interloques. Dans un pays où les personnes se préoccupent peu de ces problématiques, Saeed, le fondateur de l’association, croit que c’est par l’exemple, l’éducation et l’implication de chacun que les choses évolueront. Nous nous lions rapidement d’amitié avec lui, échangeant des idées. L’une des siennes, symbolique, nous marque particulièrement. Au lieu de souffler par exemple 25 bougies pour un anniversaire, pourquoi ne pas planter 25 arbres, qui seront autant de bouffées d’oxygène pour les générations à venir?

A Téhéran, nous aurons aussi l’occasion de rencontrer une association universitaire, avec laquelle nous irons dans les montagnes ramasser les déchets laissés par les promeneurs. La sortie, réunissant une cinquantaine d’étudiants, a lieu dans la bonne humeur. Pourtant, quelques points nous étonnent. La faible implication des participants, conjuguée à une communication et une pédagogie inexistantes, rendent l’événement inopérant d’un point de vue environnemental. Mais le responsable nous explique que c’est un début, un premier pas vers la Nature que nombre de ces jeunes téhéranais ne connaissent que peu. Il est en effet important pour cette jeunesse des villes, symbole d’une urbanisation croissante, de se reconnecter à la Nature, de retrouver le bonheur simple de la contemplation.

En Iran, de potentiels désastres écologiques sont actuellement en train de se jouer. C’est notamment le cas à Orumieh, deuxième plus grand lac salé du monde. Il s’assèche depuis plusieurs années et a déjà perdu 70% de son eau. La seule espèce de poisson qui survivait encore a disparu. En cause, de multiples projets de barrages en amont qui ont privé le lac de son eau. Un monumental projet de traversée, par une digue seulement complétée en son centre par un pont, coupe désormais le lac en deux parties, détruisant ainsi les écosystèmes. Cynique, le gouvernement invoque le réchauffement climatique. Un début de débat public avait pourtant émergé. Des scientifiques avaient notamment affirmé que si le lac s’asséchait totalement, toute vie disparaîtrait dans un rayon de 400 kilomètres, rayant de la carte Tabriz, cinquième ville du pays. Dans ce cas, la salinité latente modifierait profondément les écosystèmes, rendant la région stérile comme ce fut le cas autour de la mer d’Aral. Les dirigeants, aveugles, ont préféré réprimer le mouvement dans la violence.

Un autre exemple nous a frappé. Il a pour décor Ispahan, joyau historique du pays, depuis des siècles connue pour sa douceur de vivre. Car la rivière l’irriguant en faisait une véritable oasis, dont les ponts les plus anciens hébergeaient des résidences impériales. Mais depuis 5 mois, le large cours d’eau est asséché. Nous avons même pu traverser son lit à pied, a côté des ponts! Le plus étrange, c’est que, parmi les habitants, personne ne semble savoir pourquoi la rivière est à sec. Aucune explication officielle, seulement des suppositions. Quand certains pensent qu’un barrage se remplit en amont, d’autres supputent que l’eau est utilisée dans les fabriques d’acier, matériau de construction devenu clé depuis le renforcement de l’embargo. En attendant, voilà plus de 5 mois que les cycles naturels sont profondément perturbés, privés de leur ressource première.